Des glaçons dans un cocktail, rien de surprenant. Mais des glaçons dans du béton ? L’idée peut sembler étrange, et pourtant, cette technique est utilisée depuis longtemps dans le secteur du bâtiment et des travaux publics.
Lors des périodes de fortes chaleurs, certaines centrales à béton incorporent de la glace dans leurs mélanges afin d’en réduire la température. Une méthode particulièrement intéressante pour les grands chantiers, où la maîtrise du froid peut jouer un rôle important dans la qualité du béton.
Pourquoi utilise-t-on de la glace dans le béton ? Comment fonctionne cette technique et dans quelles situations est-elle employée ?

Pourquoi la chaleur pose-t-elle problème pour le béton ?
Le béton est principalement composé de ciment, d’eau, de sable et de granulats. Lorsque ces différents éléments sont mélangés, une réaction chimique se produit entre l’eau et le ciment : l’hydratation.
Cette réaction permet au béton de durcir progressivement, mais elle dégage également de la chaleur.
Lorsque les températures extérieures sont élevées, la température du béton peut augmenter rapidement. Cela peut entraîner une accélération de la prise, une perte de maniabilité et des difficultés lors de sa mise en œuvre.
Sur certains ouvrages, une température trop importante peut également favoriser l’apparition de fissures, notamment lorsque des différences thermiques importantes se créent entre le cœur du béton et sa surface.
C’est pourquoi les professionnels du BTP accordent une attention particulière à la température du béton, notamment pendant l’été.
Pourquoi ajoute-t-on de la glace dans le béton ?
L’objectif est simple : refroidir le béton dès sa fabrication.
Pour y parvenir, certaines centrales remplacent une partie de l’eau utilisée dans le mélange par de la glace.
Au contact du ciment, du sable et des granulats, la glace absorbe de la chaleur et fond progressivement. Ce phénomène permet d’abaisser la température générale du mélange avant son transport et sa mise en œuvre.
Cette technique est particulièrement intéressante parce que la glace absorbe une quantité importante d’énergie lorsqu’elle passe de l’état solide à l’état liquide.
Elle permet ainsi de refroidir le béton plus efficacement qu’une même quantité d’eau introduite à 0 °C.
Comment fonctionne le refroidissement du béton avec de la glace ?
Pour comprendre l’intérêt de cette méthode, il faut s’intéresser à une propriété physique de la glace : la chaleur latente de fusion.
Pour faire fondre un kilogramme de glace à 0 °C, il faut lui fournir environ 334 kilojoules d’énergie.
Cette énergie est prélevée sur les matériaux qui entourent la glace.
Dans une centrale à béton, ce phénomène permet donc de réduire la température des différents composants pendant le malaxage.
Le principe est finalement assez proche de celui d’un glaçon placé dans une boisson. En fondant, il absorbe une partie de la chaleur du liquide.
La différence, c’est que dans le bâtiment, l’objectif n’est pas de rafraîchir une boisson, mais de maîtriser les conditions de fabrication d’un matériau de construction.
Quelle quantité de glace faut-il ajouter dans le béton ?
La quantité de glace nécessaire dépend de plusieurs facteurs : la température des matériaux, la formulation du béton, le volume produit et la température recherchée à la sortie de la centrale.
Il n’existe donc pas de dosage universel.
Un point reste néanmoins essentiel : la glace doit remplacer une partie de l’eau normalement prévue dans la formulation.
Elle ne doit pas être ajoutée en supplément sans ajustement, car cela modifierait la quantité totale d’eau et pourrait affecter les caractéristiques du béton.
Le dosage est ainsi calculé en fonction des contraintes techniques du projet.
La glace doit également avoir entièrement fondu avant la fin du malaxage afin d’obtenir un mélange homogène.
Pourquoi privilégier la glace pilée ?
Dans les applications industrielles, la taille des morceaux de glace joue un rôle important.
La glace pilée ou finement concassée présente une surface de contact importante avec les autres composants du béton.
Elle se répartit plus facilement dans le mélange et peut fondre plus rapidement que de gros blocs.
Cette caractéristique facilite le refroidissement pendant le malaxage et limite le risque de conserver des morceaux de glace dans le béton.
Le format utilisé dépend cependant des équipements de production, des volumes nécessaires et des caractéristiques de la formulation.
Sur quels chantiers utilise-t-on de la glace ?
L’utilisation de glace concerne principalement les situations dans lesquelles la température du béton doit être particulièrement maîtrisée.
Les chantiers pendant les fortes chaleurs
En été, les températures élevées compliquent parfois la production et la mise en œuvre du béton.
La chaleur peut accélérer sa prise et réduire le temps disponible pour le transporter, le couler et le travailler.
L’utilisation de glace permet alors de réduire sa température initiale et de faciliter la gestion de ces contraintes.
Cette méthode peut être particulièrement intéressante dans les régions soumises à des épisodes de chaleur importants.
Les ouvrages de grande dimension
Certains ouvrages nécessitent une attention particulière en raison des volumes de béton utilisés.
C’est notamment le cas des barrages, des fondations massives et de certaines infrastructures de génie civil.
Dans ces constructions, l’hydratation du ciment peut provoquer une élévation importante de la température à l’intérieur du béton.
Si le cœur de l’ouvrage reste beaucoup plus chaud que sa surface, les différences de température peuvent générer des contraintes et favoriser l’apparition de fissures.
Le refroidissement du béton avant sa mise en place fait partie des solutions permettant de limiter ces risques.
Les centrales à béton
La glace est généralement incorporée directement pendant la fabrication du béton.
Les centrales peuvent ainsi ajuster la température du mélange en fonction des besoins du chantier et des conditions météorologiques.
Cette organisation nécessite toutefois une bonne anticipation des volumes de glace, de leur stockage et de leur disponibilité au moment de la production.
La glace rend-elle le béton plus résistant ?
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ajouter de la glace ne rend pas automatiquement le béton plus solide.
Son rôle consiste principalement à contrôler sa température.
En limitant les effets d’une chaleur excessive, cette technique peut contribuer à préserver de bonnes conditions de fabrication et de mise en œuvre.
La résistance finale du béton dépend néanmoins de nombreux autres éléments, notamment de sa composition, de son rapport eau/ciment, de son compactage et des conditions de cure.
La glace constitue donc un moyen de régulation thermique, et non un ingrédient destiné à augmenter directement la résistance du matériau.
Peut-on simplement verser des glaçons dans une bétonnière ?
L’utilisation de glace dans le béton ne s’improvise pas.
Même si le principe paraît simple, son incorporation doit respecter une formulation précise.
La quantité de glace doit être calculée en remplacement d’une partie de l’eau de gâchage, et sa fonte complète doit être assurée pendant le malaxage.
Pour les bétons structurels, ces paramètres doivent être maîtrisés par les professionnels responsables de la formulation et de la production.
Il ne suffit donc pas de vider quelques sacs de glaçons dans une bétonnière pour obtenir un béton adapté aux fortes chaleurs.
La glace est-elle suffisante pour protéger le béton de la chaleur ?
Le refroidissement du béton pendant sa fabrication représente une solution parmi d’autres.
Lorsqu’un chantier se déroule par temps chaud, les professionnels peuvent également adapter les horaires de coulage, protéger les matériaux du soleil, utiliser de l’eau refroidie ou employer des adjuvants spécifiques.
Après la mise en œuvre, la cure du béton reste particulièrement importante.
Elle permet notamment de limiter une évaporation trop rapide de l’eau et de maintenir des conditions favorables à l’hydratation du ciment.
Même si le béton a été refroidi pendant sa fabrication, il doit donc continuer à faire l’objet de précautions adaptées.
Un véritable enjeu logistique pour les professionnels du BTP
Lorsqu’une centrale à béton utilise de la glace, les volumes nécessaires peuvent rapidement devenir importants.
L’approvisionnement doit être organisé en fonction des quantités de béton à produire, des températures prévues et des caractéristiques des différentes formulations.
La disponibilité de la glace devient alors un paramètre de production à part entière.
Pour les entreprises concernées, il est important de pouvoir anticiper les commandes, prévoir les conditions de stockage et coordonner les livraisons avec les horaires de fabrication.
Une rupture d’approvisionnement peut compliquer l’organisation d’une production nécessitant un refroidissement préalable.
La logistique joue donc un rôle important dans l’utilisation de cette technique.
Les glaçons ne servent pas uniquement à rafraîchir les boissons
On associe naturellement les glaçons aux cocktails, aux terrasses et aux boissons fraîches.
Pourtant, leurs applications professionnelles sont beaucoup plus nombreuses.
Dans l’agroalimentaire, la glace peut être utilisée pour maîtriser la température de certaines préparations.
Dans la pêche et la poissonnerie, elle participe à la conservation et à la présentation des produits de la mer.
Dans le bâtiment, elle peut contribuer à contrôler la température du béton pendant sa fabrication.
Des métiers très différents qui exploitent une même propriété physique : la capacité de la glace à absorber de la chaleur.
ICE FAMILY, des glaçons pour de nombreux métiers
Chez ICE FAMILY, nous accompagnons les professionnels dans leurs besoins en glace, qu’il s’agisse de restauration, d’événementiel, de métiers de bouche ou d’applications plus spécifiques.
Chaque secteur possède ses propres contraintes en matière de format, de quantité et d’approvisionnement.
Dans le bâtiment, l’utilisation de glace pour refroidir le béton illustre parfaitement la diversité des applications possibles. Les besoins doivent cependant être étudiés en fonction des caractéristiques techniques recherchées et des contraintes de production.
Une chose est certaine : les glaçons sont loin de se limiter aux verres de nos terrasses.
Et entre rafraîchir un mojito et participer à la construction d’un immeuble, leur polyvalence a de quoi surprendre.